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Taro Izumi : le kamikaze d’Helsinki

lundi 2 mars 2009, par Benjamin Bianciotto

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Taro Izumi est un kamikaze de l’art. Sa première exposition parisienne, « Helsinki », est à découvrir de toute urgence à la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois jusqu’au 7 mars. C’est une question de vie ou de mort…


Il est plus précisément un kamikaze à double sens. Tout d’abord, ce bricoleur de génie est bien décidé à mettre à mal toutes les valeurs artistiques existantes et à détruire nos convictions. Ensuite, il est kamikaze, « vent divin », et souffle un vent de fraicheur et de nouveauté salvatrice dans le spectre de la création actuelle. Ce jeune japonais rappelle avec nonchalance et détermination que l’art contemporain peut (doit ?) être extrêmement simple et direct si l’on a la capacité à allier démarche conceptuelle, poésie, humour et immédiateté.

Taro Izumi, Untitled, 2005.  

S’il n’utilise que des matériaux basiques et que ses installations ne paraissent hantées que de chaos, les œuvres de Taro Izumi ne doivent pas cacher leurs ambitions et leurs profondeurs. A l’instar de l’esthétique lo-fi de Daniel Johnston, Beck ou du Message de Grandmaster Flash, la prise de position, l’engagement de tous les plans est sous la surface.

Taro Izumi, Untitled, 2005.

L’exposition qu’il présente à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois est représentative de son univers singulier, sorte de fourre-tout diabolique et brillant. La cohérence se crée rapidement entre toutes les pièces et l’on se plait à rechercher les surprises, à passer de découvertes en questionnements, attendant avec fébrilité la chute de son avion destructeur. Rien n’y échappe, rien ne résiste. Pas même la pourtant plutôt réussie et intéressante exposition de Joachim Mogarra dans l’espace principal de la galerie. Izumi impressionne par la facilité avec laquelle il élabore ses décalages et se pose déjà comme une valeur à suivre de la jeune scène japonaise, enfin détachée de ses aînés… et de son passé. Reste à savoir s’il sera capable de conserver la même approche sur le long terme, cette subtilité qui s’empile comme les étages d’un mille-feuille artistique.

Taro Izumi 

Izumi semble s’amuser de tout, et, tel une Salomé moderne, nous charme par ses facéties ; sa danse endort notre vigilance pour mieux nous porter le coup de grâce. Possédés, on veut bien lui accorder tous les sacrifices. Un vrai kamikaze on vous dit…

Taro Izumi, Helsinki
galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois
36 rue de Seine, 75006 Paris.
Du 7 février au 7 mars 2009. 

Attention, dernière semaine !

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